Quentin Mouron, Au point d'effusion des égouts, lu par Daniel
La Chaux-de-Fonds, Olivier Morattel, 2011, 144 p.
Ce récit de voyage a une part d'autobiographie parfaitement assumée. Elle emmène le lecteur au fin fond du désert du Mexique, à Las Vegas et en Californie. Le tout, sur un rythme délirant qui donne à penser que le désert est vivant et donne à voir toutes les lumières de Las Vegas. Cela, sans oublier le côté factice d'une humanité qui aime à cultiver soigneusement son côté public, quitte à délaisser ses zones d'ombre. Indéniablement, ce jeune auteur est un écrivain du rythme - à suivre, dans ses livres ou dans ses voyages.
Le site de l'auteur ici.
Daniel, 1944 p.
Antoine Laurain, Le chapeau de Mitterrand, lu par Daniel
Paris, Flammarion, 2012, 211 p.
A l'avant-veille de l'élection présidentielle française 2012, il vaut la peine de se plonger dans cette évocation originale du président François Mitterrand, qui marqua son époque à sa manière. L'auteur propose à son lecteur de courir après le chapeau du seul président socialiste de la cinquième république... et force est de constater qu'il parvient à l'accrocher: Tonton perd le galurin, d'autres le récupèrent et en font leur miel! Au-delà de cet accessoire d'exception, c'est toute une époque qui est dépeinte dans ce roman - à travers ses personnages, ses mythes, ses modes, ses musiques, etc. Le tout, avec un soupçon de fantastique: et si l'aura exceptionnelle de François Mitterrand était due à un chapeau aux pouvoirs extraordinaires, susceptible de changer la vie de celui qui le porte?
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Le blog de l'auteur ici.
Daniel, 1800 p.
Jean-Claude Derey, Les Anges cannibales, lu par Daniel
Monaco, Editions du Rocher, 2004, 254 p.
Jean-Claude Derey propose une plongée douloureuse dans la guerre civile de Sierra Leone. Autant dire que ça fait mal: le lecteur suit un gamin qui se retrouve, peu à peu, enrôlé comme enfant soldat dans l'une des factions. Le ton est viril, vigoureux, et la narration est solidement construite, de manière très professionnelle afin de montrer, dans tous ses détails, l'horreur d'une guerre civile en Afrique. A noter aussi que le gamin, issu d'un milieu aisé, va avoir du mal à trouver sa place dans la société: il est finalement affidé, pour certains, à ces odieux coopérants venus des pays aisés...
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Daniel, 1589 p.
Jack-Alain Léger, Zanzaro Circus, lu par Daniel
Paris, L'Editeur, 2012, 200 p.
Tourbillonnnant comme le vol du moustique, bruyant et piquant aussi: c'est ainsi que se présente le dernier roman de Jack-Alain Léger. L'auteur y relate une tranche de vie particulièrement proche des stars de la littérature et des arts d'une certaine époque (à commencer par Françoise Sagan). Reste que le côté vibrionnant du style de l'auteur, qui aime à se présenter comme proche des vedettes, n'est qu'une facette d'autres éléments importants: la maladie maniaco-dépressive, les brimades subies à l'école, etc. A noter que ce roman devrait être suivi de plusieurs autres, aux accents autobiographiques, menés tambour battant au rythme de quelque ouvrage symphonique.
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Daniel, 1335 p.
Caroline Boidé, Les Impurs, lu par Daniel
Paris, Serge Safran, 2012, 159 p.
C'est dans le contexte de l'avant-décolonisation que l'auteur campe ici son deuxième roman. Il y est question de l'amour entre une musulmane et un juif, rendu impossible par les vicissitudes de l'histoire, qui pousse le Juif à quitter l'Algérie coloniale - qui est pourtant son pays natal. L'auteur dépeint ce personnage principal comme quelqu'un de loyal face aux impératifs de l'Etat, finalement peu enclin à la subversion - ce qui va lui coûter l'amour de sa vie et, en dernier ressort, la famille qu'il a fondée. Un roman dur, mine de rien, mais relaté en toute sobriété.
... et une photo de l'auteur, pour changer!
Daniel, 1135 p.
Marie-Jeanne Urech, Le chat qu'il tenait en laisse comme un chien, lu par Daniel
Baume-les-Dames, AEncrages & Co, 2011, 55 p.
Conte ou longue nouvelle? Ce livre est l'image d'une quête de vie, celle du personnage principal de César Bonvoyage. C'est aussi l'image progressive d'un certain désenchantement du monde: si au début, le personnage principal paraît croire à l'efficacité d'une certaine transcendance, la vie va lui montrer que rien ne vaut de se mettre au travail soi-même. Sous des dessous surréalistes amènes où dominent les aplats de couleurs, affleure une vision du monde pas forcément optimiste - celle qu'on peut subodorer dès lors qu'on explore les coulisses d'un théâtre. Tout ça pour faire pousser des roses...
Daniel, 976 p.
Olivier Poivre d'Arvor, Culture, état d'urgence, lu par Daniel
Paris, Tchou, 2011, 147 p.
Il est des livres qui font débat, et "Culture, état d'urgence" est de ceux-ci. L'auteur décrète qu'il n'est pas trop tard pour redonner à la culture française tout son lustre et son rayonnement - mais qu'il faut se mettre au boulot, en particulier au niveau institutionnel - et ce, sans tarder. Cela est d'autant plus important que la culture est le seul critère par lequel la France peut encore se distinguer dans le concert des nations et des puissances mondiales... dès lors, l'auteur diagnostique les faiblesses du système et propose des solutions. Il est volontiers provocateur; mais c'est pour créer le débat, justement. Un débat qui repose sur le fait que parfois, les Français (et leurs élites) semblent avoir oublié qu'à l'étranger, la France possède encore une certaine aura.
J'en parle plus amplement ici.
Daniel, 976 p.
Michail Maiatsky, Europe-les-Bains, lu par Daniel
Paris, Michalon, 2007, 158 p.
Mine de rien, l'auteur interroge ici son lecteur de l'Ancien Monde: est-il fatigué de vivre dans un faisceau de nations phares? Se fondant sur quelques constats faits par les politiques de tous bords mais que peu osent présenter frontalement, l'auteur propose ici une issue étonnante aux défis que l'Europe, vieillissante et lasse, doit aujourd'hui relever: se muer en un musée vivant doublé d'un site balnéaire - bref, se convertir au tout-tourisme. Le lecteur percevra l'ironie du propos; mais celle-ci est soutenue par une érudition certaine. A noter que l'auteur a aussi été mon professeur de russe... hé hé!
J'en parle plus amplement ici.
Daniel, 829 p.
Arthur Dreyfus, Belle famille, lu par Daniel
Paris, Gallimard, 2012, 241 p.
Qui se souvient de l'affaire Maddie? L'auteur en donne ici une interprétation toute personnelle qui ne concourt pas à la gloire des parents de l'enfant. L'auteur prend son temps pour dépeindre le contexte, les personnages, y compris le petit Madec, qui fait vite figure de pièce rapportée dans une famille qui fonctionne de manière complexe sous la férule d'une mère compliquée. Mais dès lors que l'intrigue se noue, on se retrouve dans un trip qui n'est pas sans rappeler, par moments, un certain Tonino Benacquista. Le tout, agrémenté d'une prise de recul ironique savoureuse. Alors, vous sentez-vous voyeur ou voulez-vous en savoir plus? A moins que ce soit un peu pareil...
Daniel, 671 p.
Sébastien Bouchery, Raklur, lu par Daniel
Veauche, Eastern Editions, 2011, 430 p.
Thriller à la française pour commencer ce nouveau défi annuel "cannibale" de la Confrérie des 10001 pages... certes, ce roman ample présente quelques maladresses de plume qu'il faudrait éviter. Je préfère cependant les oublier pour retenir qu'ici, l'auteur n'a pas son pareil pour accrocher son lectorat. Cela, sur une trame glaçante: à la suite d'une "tempête du siècle" survenue dans les années 1990 entre Auvergne et Rhône-Alpes, un autocar est victime d'un accident. Les survivants s'organisent... et le titre de ce roman donne une idée générale de leur caractère.
J'en parle plus longuement ici.
Daniel, 430 p.
