Laurent Trousselle, Graine de sabbat, lu par Daniel
Fribourg/Genève, Faim de Siècle/Cousu Mouche, 2012, 399 p.
Le coeur de ce roman de Laurent Trousselle se passe dans l'Indre, où l'auteur fait évoluer Max, figure peu bavarde et très tourmentée, top model homme en rupture de contrat, et toute une bande d'adolescents qui se perdent en jeux cruels. Le récit se caractérise par une structure extrêmement éclatée aux allures de collage qui permet à l'auteur de multiplier les points de vue sur son personnage principal et de rythmer son propos grâce à des séquences brèves. Au final, un roman habile qui confirme le talent de l'auteur, déjà repéré grâce à "Marche, arrêt. Point mort" en 2007 (j'en parlais ici et auprès de la Confrérie en 2008, ce qui ne nous rajeunit pas...).
J'en parle aussi ici.
Daniel, 8208 p.
Yukio Mishima, Le Pavillon d'Or, lu par Bruno
En juillet 1950, les Japonais apprennent, médusés, que le Pavillon d'Or, joyau de l'architecture nippone et lieu sacré, a été détruit, incendié, par un jeune moine bouddhiste (ce temple sera construit à l'identique quelques années plus tard). Mishima choisit, dans ce roman qui l'a fait connaître en Occident, de retracer ce fait divers en se plaçant dans la tête du pyromane. Il retrace la vie de ce jeune homme déséquilibré, bègue, esseulé, dégoûté par ses proches mais surtout fasciné par ce Pavillon d'Or. Fasciné jusqu'à être prisonnier de la beauté de ce monument ; l'acte criminel s'avèra être une sorte de libération pour le moine déséquilibré. Un très grand classique de la littérature japonaise, écrit dans un style d'un extrême raffinement. Un bijou.
Bruno, 2302 p.
Un conseil de lecture de la Confrérie : "Causes perdues" de Gérard Méric-Cadourel
La confrérie des 10001 Pages vous suggère une nouvelle idée de lecture : le premier roman de Gérard Méric-Cadourel, Causes perdues aux éditions Persée.
2025, la Chine est désormais la première puissance mondiale ; l'Europe est devenue une fédération gouvernée par les ultra-libéraux où les puissants lobbies des cartels de la finance règnent en maîtres. Philippe d'Arciac, brillant avocat au barreau de Paris, va défendre en Chine un des hommes les plus riches de la planète accusé de crime contre l'Etat. Son client ne sera pas la seule victime d'un complot manigancé et orchestré de toutes pièces par le « Grand Leader » lequel a pour ambition de devenir le Maître du monde.
Philippe d'Arciac, ardent défenseur des droits de l'homme, se battra contre des politiciens véreux et sans scrupules qui, au nom de la raison d'Etat ou, par pur carriérisme, sont prêts à sacrifier leurs concitoyens. Au cours de cette aventure, il vivra des situations hors normes, vibrantes d'émotions, empreintes d'actes héroïques mais aussi de tragédies. Ces tribulations le mèneront auprès de Monsieur QI et d'un mystérieux Généralissime qui se révèleront être, au cours des pages, les personnages clés du roman. Soudé aux destins prodigieux de ces deux hommes, il sera le témoin privilégié de faits historiques sans précédent…
Gérard Meric-Cadourel, 56 ans, homme d'affaires, signe un premier roman de politique fiction. A partir de ses expériences et de ses rencontres faites à travers le monde, il nous donne sans détour sa vision d'un monde qui pourrait bien devenir notre futur. Il prépare un deuxième opus, « La Bombe Humaine » où, encore une fois, Philippe d'Arciac s'engagera dans la défense des droits fondamentaux.
Trailer de ce roman sur ce lien
Un conseil de lecture de la Confrérie : "A la santé d'Henry Miller" d'Olvier Bernabé
La confrérie des 10001 Pages vous suggère une idée de lecture : le premier roman d'Olivier Bernabé, A la Santé d'Henry Miller, paru aux éditions Persée.
Balthazar Saint-Cene est un antiquaire reconnu sur la place de Paris. Alors qu’il est invité à un mariage qui ne l’enchante guère, il fait la rencontre d’Alma, une femme énigmatique qui se présente comme son ange gardien. Celle-ci va le conduire sur le chemin d’une nouvelle vie, la vita nova: il quitte famille, femme, enfant, activité professionnelle, à la recherche du mystère qui le relie à elle. Ce sera l’occasion de découvrir un milieu inconnu, ainsi que le courage et le don de soi. Tout au long du récit, Balthazar est accompagné par sa conscience, incarnée par Henry Miller, l’écrivain qui l’a beaucoup marqué et qui habite en lui et le guide au-delà des réponses aux énigmes, vers sa propre identité. Au départ léger et drôle, avec quelques envolées romanesques originales autour du dialogue Miller-Balthazar, le ton de ce roman psychologique et initiatique devient de plus en plus signifiant, chargé de révélations, jusqu’à la triple fin qui devrait surprendre les lecteurs.
Roman paru fin 2011 aux éditions Persée, 319 p.
Jacques-Etienne Bovard, Ne pousse pas la rivière, lu par Daniel
Orbe, Bernard Campiche Editeur, 2006, 303 p.
Un cadavre, quelques cannes à pêche sur les rives de la Loue près d'Ornans: voilà planté le décor de "Ne pousse pas la rivière". Partant du prétexte d'un fait divers (une jeune fille meurt dans une propriété, son propriétaire est soupçonné), l'auteur met en scène les relations amicales entre quatre hommes et les met à l'épreuve. Mais l'essentiel me semble être, ici, la réflexion sur le statut et les états d'âme d'un écrivain - puisqu'il y en a un dans le quatuor de pêcheurs. Un excellent roman suisse, dense, baigné par la musique classique, la littérature de Guy de Maupassant et l'oeuvre de Gustave Courbet.
J'en parle aussi ici.
Daniel, 7809 p.
William Peter Blatty, Dimiter, lu par Daniel
Paris, Robert Laffont/Best-Sellers, 2011, 270 p.
Un roman qui met beaucoup de temps à démarrer, en raison d'un premier chapitre qui occupe entre le tiers et le quart du livre et constitue un monde à part entière. Difficile de revenir sur un tel déséquilibre, même si au final, on a 33 chapitres! Cela, d'autant plus que l'intrigue reste longtemps très éparpillée. Restent quelques qualités, par exemple la mise en scène de mondes mystérieux voire ésotériques (l'Albanie des années 1970, et la ville sacrée de Jérusalem) et la présentation de personnages étranges, à l'instar de Dimiter. Mais ce qui peut paraître relever du genre fantastique à son propos trouvera son explication dans le récit. Pas indispensable - du même auteur, autant se rabattre, je suppose, sur "L'Exorciste".
J'en parle aussi ici.
Daniel, 7506 p.
Charles Robinson, Génie du proxénétisme, lu par Daniel
Paris, Seuil, 2008, 235 p., y compris la table des matières, qui est utile à la lecture.
Une idée de fou: développer le business plan d'une entreprise de services à la personne spécialisée dans le proxénétisme! Le tout, narré sur le ton très sérieux qu'adopte n'importe quelle entreprise; on imagine donc le décalage! C'est donc un ouvrage plein d'humour ironique qui, en prenant comme exemple un secteur d'activité borderline et en le poussant dans les extrêmes, démontre les limites d'un certain libéralisme. Cela, sans négliger l'omniprésence de François-René de Chateaubriand.
J'en parle aussi ici.
Daniel, 7236 p.
Marc Boivin, Liste de listes, lu par Daniel
Fribourg/Genève, Faim de siècle/Cousu Mouche, 2012, 98 p.
L'auteur est un animateur radiophonique connu en Suisse romande, il y hante les "Dicodeurs", émission de culture générale à portée humoristique mettant les people régionaux sur le gril. Pour son premier livre, Marc Boivin adopte la tradition littéraire sino-japonaise des "listes", et lui ajoute une louche d'humour fin et de finesse d'observation des petites choses. Le résultat, c'est un ouvrage qui fait rire grâce à des listes d'éléments lapidaires, présentés pour ainsi dire comme des aphorismes qui, au-delà du sourire, invite à réfléchir en fonction de sa propre situation. A découvrir!
J'en parle aussi ici.
Daniel, 7001 p.
Francis Zamponi, 69, année politique, lu par Daniel
Paris, Seuil, 2009, 320 p.
A l'heure où la France s'apprête à se choisir un président, il n'est pas mauvais de se replonger dans les coulisses de la fin des années Charles de Gaulle. Francis Zamponi crée tout un roman autour de l'affaire Markovic, du nom de ce collaborateur d'Alain Delon retrouvé mystérieusement assassiné - en enquêtant, la police tombe sur des affaires de parties fines où Mme Georges Pompidou serait participante. Gênant pour celui qui s'apprête à devenir président! Le récit comble les trous de l'histoire en proposant un récit globalement vraisemblable, à la fois bien documenté et bien complété. Certains aspects auraient gagné à être un peu différents, plus souples: la structure des chapitres est invariable (accusé de réception d'un cahier d'histoires, puis citation in extenso dudit cahier), et les dialogues, nombreux, auraient gagné à être encore un peu plus gouailleurs. Mais le lecteur achève sa lecture avec l'impression d'avoir passé un bon moment de roman noir -et, peut-être, d'avoir appris un tout petit quelque chose.
J'en parle aussi ici.
Daniel, 6903 p.
Frank Andriat, Jolie libraire dans la lumière, lu par Daniel
Paris, Desclée de Brouwer, 2012, 146 p.
Un personnage de libraire, c'est forcément attachant. Mais que peut-il véhiculer? L'auteur ose une construction originale montrant la libraire en train de lire, dans un roman, sa propre histoire. Le récit est porté par un style à la ligne claire, soucieux en permanence des jeux de lumière et d'éclairage. Ce qui n'empêche pas la force, sur la base d'interactions parfois troublantes entre les personnages.
Daniel, 6583 p.

